Artaud - Joyce – Le corps et le texteReport as inadecuate




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1 CERILAC EA 4410 - Centre D-Etude et de Recherche Interdisciplinaire de l-UFR LAC

Abstract : Antonin Artaud and James Joyce ask literature a singular question: How might we produce a text that would be a living body – how might we invent a space of writing in which body and mind are linked anew? Their work situates the heart of the modern crisis over identities – little at ease within the identity context of our ordinary subjectivities sexual linguistic, or community belonging, they relate how they are cut off from their flesh, exiled in a world where drained languages fail to symbolize a living body. Fighting against the doubling, the schize Artaud, the sterilizing phobia of rotting bodies that the language of the aesthete struggles to describe in the case of Joyce, they begin to reconstruct in writing that body they are lacking. Death and resurrection of signs and bodies, this is the major theme of Finnegans Wake. Both forces strive to take up the task of a procreating power contaminated by death and that failed mothers and fathers no longer embody, just like a fallen God turned into a monkey in Artaud’s work, a -shout in the streets- in Joyce’s. The analysis offered up here of all those oft-times considered -unreadable- works from Artaud’s L’Olimbic des Limbes to Suppôts et Suppliciations, from Joyce’s A Portrait of the Artist to Finnegans Wake invites a consideration of those contemporary anxieties on the brink between Self and Other, body and spirit, finite bodies and infinite language.

Résumé : Antonin Artaud et James Joyce posent à la littérature une même question : comment produire un texte qui soit un corps vivant, comment inventer un espace d’écriture où se renouent les liens entre corps et psyché ? Leur œuvre les situe au cœur de la crise moderne des identités : peu à l’aise à l’intérieur du cadre identitaire de nos subjectivités ordinaires l’appartenance sexuelle, linguistique ou communautaire, ils se disent coupés de leur chair, exilés dans un monde où les langues épuisées échouent à symboliser un corps vivant. Luttant contre le dédoublement, la schize Artaud, la phobie stérilisante des corps pourrissants que peine à dire la langue de l’esthète Joyce, ils entreprennent de reconstruire dans l’écriture le corps qui leur fait défaut. Mort et résurrection des signes et des corps, tel est le thème majeur du Wake. L’un et l’autre s’efforcent d’assurer la relève d’un pouvoir procréateur contaminé par la mort et que n’incarnent plus des pères et mères défaillants, tout comme un Dieu déchu devenu singe chez Artaud, bruit dans la rue pour Joyce. L’analyse ici proposée de l’ensemble d’œuvres réputées pour certaines « illisibles » de l’Ombilic des Limbes à Suppôts et Suppliciations d’Artaud, du Portrait de l’Artiste à Finnegans Wake de Joyce invite à interroger les angoisses contemporaines touchant aux limites entre soi et autre, corps et esprit, finitude des corps et infini de la langue.

Mots-clés : corps texte identités Résurrection





Author: Evelyne Grossman -

Source: https://hal.archives-ouvertes.fr/



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