Recension Jean Viviès. Revenir-devenir. Gulliver ou lautre voyage. Collection Offshore. Paris : Editions rue dUlm, 2016. 142 p. ISBN 978-2-7288-0555-6Report as inadecuate




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1 LERMA - Laboratoire d-Etudes et de Recherche sur le Monde Anglophone

Résumé : Jean Viviès. Revenir-devenir. Gulliver ou l-autre voyage. Collection Offshore. Paris : Editions rue d-Ulm, 2016. 142 p. ISBN 978-2-7288-0555-6 Nathalie VANFASSE Aix Marseille Univ, LERMA, Aix-en-Provence, France fr Le livre de Jean Viviès, Revenir-devenir. Gulliver ou l-autre voyage aborde ce grand classique de la littérature du 18 e siècle sous un angle nouveau et inattendu : celui du retour—pas celui d-un retour heureux et sans histoire, mais plutôt celui d-un retour douloureux et problématique, voire de plusieurs retours de plus en plus sombres et traumatiques. Ce travail en forme d-essai montre avec justesse que ce récit célèbre—que l-on associe habituellement aux lieux visités par Gulliver—est en fait aussi le récit d-une succession de retours, qui s-avèrent aussi instructifs que les expéditions elles-mêmes. Le livre de Jean Viviès part de la question du voyage dans le chef-d-oeuvre de Swift pour révéler d-autres enjeux, tant littéraires que philosophiques et épistémologiques, ouvrant ainsi la voie à une réflexion plus fondamentale sur le retour à l-origine et le retour à soi. Revenir-devenir. Gulliver ou l-autre voyage situe tout d-abord les Voyages de Gulliver dans leur contexte historique et littéraire en rappelant que le XVIII e siècle est le siècle d-or du récit de voyage et que ce genre informe le récit de Swift, même s-il en dépasse très largement les contours. Pour mieux souligner la spécificité des Voyages de Gulliver, Jean Viviès met ce récit en regard d-un autre texte canonique, à savoir Robinson Crusoe. Cette comparaison permet de mieux saisir le caractère intrinsèquement problématique de l-oeuvre de Swift, qui interroge les certitudes de son temps—à savoir « la psychologie individualiste, l-esprit d-entreprise, le mercantilisme, la prolifération du discours et du style scientifique » 29—et qui questionne le réalisme naissant ainsi que la forme émergente du Bildungsroman. Dans le premier chapitre de sa monographie, Jean Viviès montre que les Voyages de Gulliver déstabilisent le lecteur par leur défamiliarisation permanente de toutes les normes et formes de leur époque. Le récit et son héros s-avèrent inclassables. Les Voyages de Gulliver sont ensuite envisagés, dans le deuxième chapitre de la monographie, sous l-angle de la littérature de voyage et des marqueurs de ce genre. Jean Viviès montre que le texte de Swift renvoie, comme tout compte rendu de voyage, à une logique comparative consistant à faire appel à ce qui est familier pour évaluer et décrire l-étrangeté ou l-altérité rencontrées. A cet égard, un passage sur la manière dont Gulliver retranscrit les langues étrangères qu-il découvre s-avère tout à fait passionnant par son analyse des stratégies adoptées. Ici encore, Jean Viviès montre que Swift se joue des codes du genre viatique et qu-il n-introduit de la vraisemblance que pour mieux la subvertir, notamment pour ce qui concerne les détails géographiques fournis sur les expéditions de son héros. Le troisième chapitre du livre examine les différents voyages de Gulliver à l-aune de chacun leurs retours. Si le retour de Lilliput est jugé « sans histoire » 48, celui de Brobdingnag s-accompagne d-un véritable questionnement sur la nature humaine, de nature aussi dérangeante que celle du récit plus tardif d-H.G. Wells The Island of Doctor Moreau. Quant au « voyage le plus fragmenté des quatre » 58, celui effectué à l-île de Laputa, il offre un « retour en forme d-apocope narrative » 59 et met l-accent sur le livre lui-même comme « archipel » 58. Cette forme narrative amène à appréhender le monde d-une manière singulière comme étant « émietté et fragmenté à l-infini » 57, ce qui renforce l-impression

Mots-clés : Gulliver





Author: Nathalie Vanfasse -

Source: https://hal.archives-ouvertes.fr/



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