Du nom des images dIsis polymorpheReport as inadecuate




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1 TRACES - Travaux et recherches archéologiques sur les cultures, les espaces et les sociétés

Résumé : À partir du début du IIIe siècle, Isis dotée d-une polyonymie et d-une polymorphie fortement hellénisée va entreprendre sa conquête du bassin méditerranéen. Face à des images « syncrétistes », notre esprit cartésien nous pousse à vouloir étiqueter ces représentations, mais cette démarche a-t-elle vraiment un sens ? « La perception d-un document iconographique ne dépend-elle pas aussi du fait de celui qui se trouve face à lui et l-interprète selon ses propres référents ? » p. 77. Ainsi, par exemple, faut-il parler d-Isis-Boubastis ou de Boubastis-Isis, alors qu-il s-agit plutôt de prêter à chacune de ces déesses des connotations avec sa consoeur. La situation paraît plus confortable quand la représentation divine est accompagnée d-un nom, mais il faut prendre garde que ce nom n-est pas nécessairement la légende de l-image, et qu-il demande parfois à être lui-même explicité. L. B. commence par illustrer son propos par l-exégèse de la statue d-une déesse dolente de Fiesole dédiée à Isis de Taposiris, site réputé contenir le tombeau d-Osiris. Cette épiclèse, connue par d-autres inscriptions et des papyrus, nous renvoie donc à l-aspect d-Isis en deuil d-Osiris ; c-est là un aspect plus mythique que fonctionnel, ce qui est assez rare. Une série d-indices, dont la statue d-Osiris debout accompagnant l-Isis de Fiesole, montrent que le parèdre de l-Isis de Taposiris était bien Osiris, et non Sérapis. Avec l-Isis de Taposiris, c-est le nom qui a déterminé le choix de l-image. La présence d-un nom n-est pas toujours une garantie certaine de l-identification de la représentation. Tel est le cas d-une statuette de Balanea qui a tous les traits d-une Fortuna, dont la base est cependant dédiée à Isis Pharia ; mais ce socle est-il celui d-origine ? En effet, l-iconographie de l-Isis marine, bien connue, met en scène une déesse debout tenant devant elle une voile gonflée par le vent, et généralement pourvue du sistre et-ou du basileion. En l-absence de ces traits distinctifs, il est nécessaire d-identifier la déesse à la voile « par contextualisation ou par comparaison », problématique illustrée par des monnaies de Kymè et une lampe de Délos. Par ailleurs, plusieurs documents intailles, monnaies alexandrines permettent d-avancer que l-Isis avec corne d-abondance et gouvernail est également une image qui en fait la protectrice de la navigation. Cette double iconographie s-explique par des raisons matérielles difficulté de figurer en trois dimensions une divinité maintenant une voile et symboliques le gouvernail, symbole de la bonne fortune, mais aussi lié à la navigation, et la cornucopia, évocatrice des richesses qu-elle dispense, notamment en patronnant le bon acheminement de l-annone depuis Alexandrie. Dans de telles conditions, l-Isis de Balanea pouvait très bien être invoquée sous une épiclèse marine. Il faut toutefois se garder de voir dans toutes les statuettes d-Isis avec gouvernail et corne d-abondance des représentations d-Isis dame des flots « Si à une même fonction peuvent correspondre plusieurs images, une même image peut à l-évidence être perçue diversement par ceux qui la voient ».

Mots-clés : Isis cultes isiaques épithète épiclèse image représentation





Author: Laurent Bricault -

Source: https://hal.archives-ouvertes.fr/



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