De la maison à la ville dans lOrient ancien : la maison et son mobilierReport as inadecuate




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1 ArScAn - Archéologies et Sciences de l-Antiquité

Résumé : Le dossier qui suit regroupe les contributions au Séminaire d’Histoire et d’Archéologie des MondesOrientaux (SHAMO), sur « La maison et son mobilier », thématique choisie pour l’année 2013. Ellescouvrent, sur près de trois millénaires, une vaste zone géographique, de la Transtigrine (Nuzi) à l’Anatolieet à l’Égypte. Les maisons privées y sont analysées sous de multiples aspects – construction, organisation,contenu – à partir de sources archéologiques et textuelles.La maison est définie comme un bâtiment de taille variable, destiné à l’habitation d’une ou plusieursfamilles. Elle se distingue d’un bâtiment officiel par sa taille – même si certaines maisons privées sont trèsgrandes –, par sa position topographique, parfois par son plan – même si la différence entre maison luxueuseet palais (« grande maison ») ne va pas de soi –, et par son mobilier. Les données sur les maisons sont denatures diverses. L’archéologie documente leur construction et les matériaux utilisés à cet égard : briquesd’argile pour les murs, bois pour le toit, l’escalier, les meubles, roseaux pour les plafonds, etc. Cependant,bois et roseaux sont rarement conservés sur les sites du Proche-Orient ancien. Les études architecturalespermettent de reconstituer les plans des maisons, ainsi que leur organisation interne avec le système decirculation et l’éclairage des pièces. Le plan d’une maison n’est pourtant pas figé et évolue en fonction desachats et des successions : des portes sont ouvertes ou condamnées, des murs sont montés ou abattus.Les données textuelles fournissent des informations complémentaires. Le Code de Hammurabi réglementele travail du maçon. Les contrats d’achat de propriétés immobilières, transmis au nouvel acquéreur en guisede titre de propriété, précisent parfois la localisation du bâtiment et la taille de la maison, indice du statutsocial de son propriétaire. Cependant, dans les textes, la maison, bītum, ne se résume pas au seul bâtimentqui abrite la famille, bien à valeur économique transmis, vendu ou loué, mais elle représente également seshabitants, la maisonnée (couple, enfants, domestiques) et les activités qui y prennent place. La maison abriteaussi parfois des constructions religieuses, comme des autels et des tombes des ancêtres creusées sous le solde certaines pièces et sur lesquelles les descendants pratiquent un culte spécifique.La comparaison entre les maisons mésopotamiennes et égyptiennes s’avère particulièrement intéressantedans la mesure où les deux civilisations ont utilisé la brique crue comme matériau de construction. Dans lesdeux cas, les maisons privées ont une surface qui va de quelques dizaines de mètres carrés à plus de 500 m2,et les contrats successifs sont transmis au nouveau propriétaire. En Mésopotamie, les fouilles proposent desmaisons beaucoup plus vastes que celles recensées dans les textes car ces derniers, tout au moins à Larsa,ne tiennent compte que de la surface intérieure des pièces. On notera que dans certains textes de Nuzi, ladimension de la maison est donnée de manière originale par son périmètre.Dans ce dossier, le terme mobilier a été compris au sens le plus large, tel que le définissent lesarchéologues, et comprend tout ce que l’on trouve à l’intérieur d’une maison, fixe ou non. Les données surle contenu des maisons sont également assez différentes selon les sources analysées. Le mobilier courant des maisons mésopotamiennes, pris au sens strict de meubles, comporte assez peu d’éléments pour des raisonsessentielles de mode de vie. Les meubles élaborés, faits de bois et décorés, semblent plutôt réservés à uneélite, tandis que les maisonnées ordinaires se contentent de nattes, paniers et coffres en roseaux tressés, ainsique de banquettes, podiums, niches et récipients d’argile. Les textiles d’ameublement devaient être présentsdans toutes les demeures. Les éléments de mobilier en matériaux périssables n’ayant pas résisté au temps,ceux-ci sont rares dans les rapports de fouilles ; l’iconographie ainsi que des modèles réduits en terre cuitepermettent toutefois de se faire une idée des formes et de l’aspect de certains d’entre eux. Les fouilles desmaisons ont principalement mis au jour de la céramique.Les données proposées par les textes sont de nature très différente. En effet, ceux-ci n’enregistrent queles biens de valeur, objets en métal ou textiles d’ameublement, voire quelques meubles en bois. En outre, lesdescriptions concernent prioritairement le mobilier des palais et des grandes demeures, mais offrent moins dedétails sur l’agencement interne des maisons de simples particuliers. Nous disposons cependant de longueslistes lexicales qui enregistrent, selon leurs matériaux – argile, bois, roseaux, métaux, pierres –, l’ensembledes objets manufacturés, parmi lesquels figurent le mobilier (Hh. IV et VI objets en bois, VIII-IX objetsen roseaux, X objets en argile, XI objets en cuivre et XII autres métaux, XIX textiles). Des inventaires demobiliers à l’occasion de successions ou formant les dots des filles qui se marient complètent les sourcesdisponibles.Reconstituer le mobilier du quotidien nécessite donc de mener une enquête minutieuse à partir desvestiges archéologiques, des sources iconographiques et des données textuelles ; les études qui prennent encompte tous ces éléments sont encore rares.

Mots-clés : Maison mobilier Proche-Orient ancien construction briques Anatolie Babylonie Nuzi Egypte





Author: Cécile Michel -

Source: https://hal.archives-ouvertes.fr/



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